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Décembre 2025 fut très doux, sec et ensoleillé !

Comme à chaque début de mois, nous vous proposons un nouveau bilan climatologique. Place désormais au bilan cartographié de DÉCEMBRE 2025 en termes de température, pluviométrie et ensoleillement sur un panel de 73 stations*. Les anomalies présentées sont calculées à partir des moyennes climatiques de la période de référence 1991-2020 sur l'ensemble des stations du panel.

 

Sur l'ensemble du mois, décembre 2025 s'est avéré sensiblement doux, avec un excédent thermique atteignant +1.5°C à l'échelle nationale. Nous restons néanmoins bien loin des records, détenus par décembre 2015 (+3.5°C) suivi de décembre 2000 (+2.4°C). Il faut toutefois remonter à 2010 pour trouver trace d'un mois de décembre particulièrement froid sur le pays, et seul le mois de décembre 2015 a été très légèrement sous les moyennes sur ces 14 dernières années.


Indicateur thermique national pour décembre 2025 depuis l'après-guerre (1946) - Infoclimat

 

Entre le 5 et le 22 décembre, l'anomalie s'est même élevée à +3.5°C au niveau national. Lors de cette séquence douce anormalement durable, le thermomètre a dépassé les 20°C à plusieurs reprises dans la moitié Sud. Au Nord, les températures n'ont par endroit pas chuté sous les 14°C durant la nuit du 7 au 8 décembre, battant des records (>>). 

 

Mais ce bilan mensuel aurait pu être encore plus notable sans le coup de froid observé durant la toute dernière semaine. Entre Noël et le Nouvel An, les températures ont fait une chute spectaculaire, repassant certaines journées 3 à 4°C sous les moyennes. Certaines régions allant des Alpes au Pays de la Loire ont même observé de la neige lors de Noël, qui a été le plus froid observé en France depuis 2010 (>>).

 

 


Évolution des températures quotidiennes en France durant décembre 2025 et écart à la moyenne 1991-2020 - Infoclimat

 

Cette séquence hivernale n'a pas suffit à inverser la tendance, puisqu'aucune station française n'a terminé en déficit thermique (sur plus de 1100 stations). Les écarts les plus faibles (inférieurs à +1°C) sont observés en Bretagne (+0.3°C à Brest, +0.5°C à Lorient), en Alsace (0.0°C à Linthal, +0.7°C à Colmar), ou près des Pyrénées (+0.6°C à Tarbes). 

 

A l'inverse, plusieurs villes dépassent les +2°C d'anomalie en Occitanie, dans le Maine, en Picardie ou encore dans les Ardennes. Mais la situation la plus remarquable se trouve dans les Alpes avec des valeurs supérieures à +3°C : on note +3.2°C à Embrun, +3.6°C à Bourg-Saint-Maurice... et même jusqu'à +4.0°C à St-Michel-de-Maurienne (Savoie) et +4.3°C à Jausiers-Saint-Anne (Alpes-de-Haute-Provence) sur le réseau secondaire.

 

 

Côté pluviométrie, le bilan est dans l'ensemble déficitaire. Toutefois, le bilan sur notre panel (-10%) ne traduit pas réellement la situation. 

Car en effet, ce mois a été sec voire très sec sur les 3/4 de la France. On observe notamment un déficit de l'ordre de -40 à -60% des Pyrénées au Centre-Val-de-Loire. Et ce déficit se creuse même de -60 à -90% dans le Grand-Est, en Hauts-de-France et sur les Alpes (jusqu'à -81% à Strasbourg, -88% à Bourg-Saint-Maurice, -92% à Colmar et -95% à Embrun). 

 

Mais ce bilan national de "seulement" -10% s'explique par un mois excessivement pluvieux sur le pourtour Méditerranéen. En effet, décembre 2025 a été particulièrement arrosé sur l'ensemble du Languedoc, du Roussillon, des Cévennes, de la Provence ou encore de la façade orientale de la Corse. A l'approche de Noël, de nombreux cours d'eau méditerranéen sont entrés en crue, notamment le fleuve Hérault ayant été placé en vigilance rouge (>>).

 

Sur ces secteurs, il est parfois tombé 3 à 5 fois le cumul habituellement attendu en novembre : +240% à Bastia, +258% à Millau, +366% à Perpignan ou encore +429% à Montpellier (soit 5,29 fois la moyenne de décembre). Le bilan grimpe même à des valeurs hallucinantes sur le réseau secondaire : +733% à St-André-de-Sangonis (Hérault), +830% à Roujan (Hérault)... et +1525% à Caixas (Pyrénées-Orientales) soit + de 16 fois le cumul moyen de décembre habituellement très sec ! 

 

Cette séquence pluvieuse a apporté plusieurs centaines de millimètres près de la Méditerranée en quelques jours. C'est notamment le cas dans les Pyrénées-Orientales qui a enfin enrayé la sécheresse chronique qui perdurait depuis des années dans le secteur (>>) : il est tombé 256mm à Perpignan ou encore 366mm au Perthus

Si l'on relève également jusqu'à 300mm à Bastia et 302mm à Montpellier, ce sont les Cévennes qui ont récolté le plus d'eau avec jusqu'à 691mm à St-Maurice-Navacelle (Hérault), 712mm à La Souche (Ardèche) et 717mm au Mont Aigoual (Gard)

 

En dehors de la méditerranée, on note quelques exceptions humides du côté du Pays Basque (143mm à Biarritz) ou encore en Bretagne (221mm à Brest). Partout ailleurs, les pluies se sont faites bien rares en décembre avec des cumuls qui n'affichent bien souvent pas plus de 40mm. Sur le Midi-Toulousain, dans les Alpes, et sur les villes au nord de la Loire, il n'est pas rare d'avoir récolté seulement 10 à 20mm : c'est le cas pour Toulouse (18mm), Nancy (17mm), Saint-Quentin (16mm), Bourg-Saint-Maurice (14mm), Strasbourg (9mm), Colmar (4mm) ou encore Embrun (3mm)

 

Terminons sur l'ensoleillement, avec un mois de décembre 2025 dans l'ensemble lumineux puisque le bilan de notre panel affiche un léger excédent de +12%. Mais tout comme pour la pluviométrie, ceci cache des disparités plus importantes. 

 

Car bien évidemment, grisaille et humidité font souvent bon ménage. La zone Méditerranéenne a dès lors été régulièrement sous les nuages avec un déficit de -20 à -35% en Languedoc-Roussillon , Cévennes et littoral provençal (-24% à Nîmes, -30% à Millau, -35% à Carcassonne). Plus globalement, les régions les plus au Sud ont connu un mois peu ensoleillé avec un déficit également présent en sud-Aquitaine (-18% à Mont-de-Marsan), dans les Pyrénées (-12% à Tarbes), et en Corse (-18% à Bastia). 

 

Hormis de rares exceptions, toutes les villes au nord d'une ligne Arcachon - Montélimar ont à l'inverse pu profiter de conditions nettement plus lumineuses. Si l'excédent atteint +15 à +30% en moyenne de la région Lyonnaise à la Bretagne en passant par l'Ile-de-France ou encore le Limousin, c'est le Grand-Est et la Franche-Comté qui ont vécu un mois anormalement ensoleillé. Sur ces zones, l'excédent atteint +50 à +90% (avec +88% à Strasbourg et même +94% à Nancy soit près de deux fois la norme mensuelle). Sur ces régions, les nuages bas en général solidement installés à cette période de l'année ont été aux abonnés absents. 

 

En moyenne sur la moitié Nord du pays, le soleil s'est manifesté de 60 à 85 heures au total durant ce mois de décembre, localement davantage (88h au Mans, 94h à Luxeuil). La pointe du Cotentin, les Ardennes, les Hauts-de-France et le val de Saône sont en léger retrait (57h à Cherbourg, 55h à Mâcon et Dijon, 54h au Touquet). 

 

Mais malgré la présence de déficits, ce sont toujours les régions les plus au Sud qui ont pourtant bénéficié du meilleur ensoleillement. On relève localement plus de 100 heures cumulés en Charentes, dans le sud du Massif-Central ou sur les Alpes du Nord. Mais c'est sur le Roussillon, en Corse et dans les Alpes du Sud où ce taux d'ensoleillement a été le plus élevé avec 120h à 140h observés (126h à Ajaccio, 132h à Perpignan, 139h à St-Auban, 142h à Nice). Le bilan grimpe à 151h à Péone (Alpes-Maritimes) et même 160h à Targassonne (Pyrénées-Orientales) sur le réseau secondaire. 

 

Récapitulatif : 

 

PANEL DE 73 STATIONS

Température – pluviométrie – ensoleillement :
Agen, Ajaccio, Albi, Alençon, Angers, Aurillac, Bastia, Beauvais, Bergerac, Besançon, Biarritz, Bordeaux, Bourges, Bourg-Saint-Maurice, Brest, Brive, Caen, Calais, Carcassonne, Charleville-Mézières, Chartres, Château-Arnoux-Saint-Auban, Châteauroux, Clermont-Ferrand, Cognac, Colmar, Dijon, Embrun, La-Roche-sur-Yon, Langres, Le Mans, Le-Puy-en-Velay, Le Touquet, Limoges, Lorient, Luxeuil, Lyon-Bron, Mâcon, Marseille-Marignane, Melun, Millau, Mont-de-Marsan, Montélimar, Montpellier, Nancy-Essey, Nantes, Nevers, Nice, Nîmes-Courbessac, Niort, Orléans, Paris-Montsouris, Perpignan, Poitiers, Rennes, Saint-Brieuc, Saint-Etienne, Saint-Dizier, Saint-Geoirs (Grenoble), Saint-Girons, Saint-Quentin, Strasbourg, Tarbes, Toulouse-Blagnac, Tours, Troyes.

 

Température – pluviométrie (absence de données d’ensoleillement) :
Abbeville, Hyères, Lille, Metz, Romorantin.

Photo de Guillaume SECHETHistoire du site Météo Bruxelles